Prévention du risque bruit

Le bruit est «un phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme gênante et désagréable».
Cette notion est subjective puisqu’un même son peut être utile voire agréable, ou au contraire être gênant, selon la personne qui l’entend, le contexte… Cependant, au-delà d’une certaine intensité, tous les sons sont gênants voire dangereux.

Dans cet article, retrouvez les principales notions et références réglementaires sur le bruit, ainsi que des conseils pratiques pour la prévention du risque bruit en entreprise.

Pour aller plus loin, le CMSM peut vous accompagner dans votre démarche de prévention et sensibiliser vos salariés dans le cadre de sessions d’information. Cet accompagnement est inclus dans votre cotisation.

Prévention du risque bruit

Quelques notions sur le bruit

 

Son

Le son est une onde acoustique produite par la vibration mécanique d’un support fluide ou solide, la source sonore.
Par extension, le son désigne également la sensation auditive procurée par cette onde qui est reçue par l’oreille.
Il est caractérisé par sa fréquence, exprimée en Hertz, et son intensité, mesurée en décibel.

L’intensité dépend de l’amplitude de la vibration, tandis que la fréquence correspond au nombre d’oscillations par seconde. La gamme de fréquences audibles par l’homme va de 20 Hz (sons très graves) à 20 000 Hz (sons très aigus). Au-delà de cette gamme, on parle d’infrasons pour des sons de fréquence < 20 Hz et d’ultrasons pour des sons de fréquence > 20 000 Hz.
Un son peut en masquer un autre s’il est de même fréquence. 

Le bruit est, selon l’Organisation Internationale de Normalisation (ISO), «un phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme gênante et désagréable».
Cette notion est subjective puisqu’un même son peut être utile voire agréable, ou au contraire être gênant, selon la personne qui l’entend, le contexte, le sentiment de pouvoir le contrôler ou non…
Cependant, au-delà d’une certaine intensité, tous les sons sont gênants voire dangereux, même ceux supposés être agréables comme la musique.

On parle de confort acoustique lorsqu’un individu peut entendre les sons qui lui sont utiles, sans être gêné par les bruits inutiles.

Le bruit peut être qualifié de stationnaire (faibles variations du niveau sonore dans le temps), fluctuant (variation du niveau sonore entre 5 et 20 dB), ou impulsionnel (variation forte et brève du niveau sonore).

bruitAu travail, le bruit peut constituer une nuisance majeure. Les secteurs d’activité les plus touchés par des niveaux sonores élevés sont l’industrie, l’agriculture et la construction.
Les principales expositions des travailleurs sont liées à l’utilisation de machines et d’outils (ex : scies circulaires, compacteurs…), aux bruits d’impact (ex : coups de marteau, marteau-piqueur…), aux sonneries d’alarmes et téléphones, aux conversations… 

 

onde

Le son a besoin d’un support pour se propager de la source sonore (machine, micro…) au récepteur (oreille). Ce milieu ou matériau porteur peut être un gaz, un solide ou un liquide.

Les bruits aériens sont des bruits générés par des sources n’ayant pas de contact avec la structure d’un bâtiment (voix, sonneries de téléphone…) ⇒ L’air est le principal véhicule des sons émis.

Les bruits solidiens sont quant à eux générés par des sources qui sont liées à la structure d’un bâtiment (murs, plafonds et sols), ou qui la frappent. Il y a deux types de bruits solidiens : les bruits de choc ou d’impact (ex : chutes d’objet) et les vibrations (ex : climatisation).

Les équipements de travail émettent généralement une combinaison de bruits aériens et solidiens.

La dose de bruit reçue par un travailleur est calculée à partir du niveau sonore en décibel (dB), mesuré par un sonomètre ou un dosimètre, et du temps d’exposition exprimé en heures :

⇒ Exposition = Intensité x Durée

Pondérations fréquentielles A et C
L’oreille humaine répond aux fréquences de manière non linéaire : certaines tonalités sont plus facilement perçues que d’autres. Par exemple, pour une même énergie sonore, l’oreille perçoit les sons de haute fréquence comme plus forts que ceux de basse fréquence.
Pour rapporter les niveaux sonores mesurés par l’appareil à ceux que nous entendons réellement, on utilise des pondérations fréquentielles obtenues grâce à des filtres situés dans l’instrument.

La pondération fréquentielle A (en dB (A)), en donnant moins d’importance aux sons graves, permet de se rapprocher de la façon dont les oreilles perçoivent les sons.

La pondération fréquentielle C (en dB (C)) est utilisée pour les niveaux sonores élevés que l’oreille ne filtre pas de la même manière. En effet, si le bruit est fort et soudain, le réflexe de protection de l’oreille interne est déclenché trop tardivement.

Niveaux de bruit

👂 Le « LAeq,T » est le niveau équivalent de bruit en dB(A), reçu par un salarié pendant une période T. Il intègre les fluctuations du niveau sonore pendant cette durée.

👂 Le « Lex, 8h » est le LAeq,T ramené a une durée de 8h d’exposition quotidienne, valeur utilisée dans la réglementation pour définir les seuils d’exposition au bruit.

👂 Le « LpC » est le niveau acoustique de crête, exprimé en dB(C). C’est le niveau sonore maximal atteint pendant la période de mesure.

À savoir !
Les niveaux de bruit ne s’additionnent pas, ils se composent (échelle logarithmique).
Une augmentation de 3dB (A) correspond à un doublement de l’intensité du bruit !

niveaux de bruit

En présence de 2 sources sonores émettant simultanément, si l’une est au moins supérieure à 10 dB(A) par rapport à l’autre, le niveau sonore résultant est égal au plus grand des deux (effet de masque).

niveaux de bruit

échelle de bruit

Voici une échelle permettant de se rendre compte du niveau de bruit de certaines activités et lieux communs.

Bruit et réglementation

Le Code du travail s’appuie sur 2 paramètres pour définir les obligations de l’employeur en matière de maîtrise de l’exposition des travailleurs au bruit :

⏱ L’exposition moyenne quotidienne sur 8 heures (notée Lex, 8h),

L’exposition instantanée aux bruits très courts, dit niveau de pression acoustique de crête (notée Lp, c)

Le tableau ci-après présente les seuils fixés et les actions requises en cas de dépassement : 

vlep bruit

Attention, pour calculer les doses de bruit reçues par les travailleurs et pouvoir les comparer aux seuils réglementaires, il faut prendre en compte les temps d’exposition aux différents niveaux de bruit.

seuils bruit

Par exemple, une exposition pendant 8 heures à 80 dB(A) est équivalente à une exposition de 30 minutes à 92 dB(A).

stop au bruit

Quel que soit le niveau d’exposition au bruit, l’employeur doit s’appuyer sur une démarche dont les principes généraux sont édictés par le Code du travail :

➀ Éviter les risques, supprimer la source de bruit ou l’exposition à cette source 

➁ Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités, par exemple en mesurant les doses de bruit reçues (niveaux de bruit et temps d’exposition) et/ou en réalisant des cartographies de bruit pour identifier les sources de bruit, les modes de propagation et les postes de travail exposés

➂ Combattre les risques à la source en intégrant la prévention le plus en amont possible, notamment dès la conception des lieux de travail, des équipements ou des modes opératoires

➃ Adapter le travail à l’homme, en tenant compte des différences interindividuelles, dans le but de réduire les effets du bruit sur la santé

➄ Tenir compte de l’état d’évolution de la technique en assurant une veille technologique

➅ Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas ou moins dangereux, par exemple en remplaçant une machine très bruyante par une machine non ou moins bruyante

➆ Planifier la prévention, par exemple en prévoyant une maintenance préventive des machines car un matériel défectueux peut générer du bruit

➇ Donner la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures de protection individuelle, par exemple en isolant acoustiquement les machines bruyantes 

➈ Donner les instructions appropriées aux travailleurs, notamment sur les risques liés au bruit et les PICB

MP

Le bruit est reconnu comme cause de maladie professionnelle depuis 1963 dans le tableau n°42 du Régime Général (RG) de la Sécurité Sociale, « Atteinte auditive provoquée par les bruits lésionnels ».

Environ 1 000 cas de surdités professionnelles sont reconnus chaque année.

Selon le ministère du Travail, le coût moyen d’une surdité professionnelle indemnisée par la Sécurité Sociale est de 100 000 euros, ce qui en fait l’une des maladies professionnelles les plus coûteuses.

code du travail

Pour plus d’information, se référer aux articles du Code du travail :

Les effets du bruit sur la santé

effets auditifs

Les effets auditifs dépendent de 3 facteurs : l’intensité du bruit, sa durée et sa fréquence.

Par exemple, à intensité égale, les bruits aigus (hautes fréquences) sont plus nocifs que les bruits graves (basses fréquences).

Les atteintes auditives peuvent être :

réversibles : fatigue auditive, baisse temporaire de l’audition

irréversibles : perte auditive définitive, partielle ou totale. Elles peuvent être associées à des acouphènes (sifflements, bourdonnements ou grésillements), une baisse de l’audition (hypoacousie), une hypersensibilité de l’ouïe ou une intolérance à certains sons (hyperacousie).

👂 La fatigue auditive
Elle correspond à une élévation temporaire des seuils d’audition, de l’ordre de 5 à 10 dB(A). Le terme de fatigue auditive répond au fait que le repos entre deux expositions au bruit ne permet pas une récupération intégrale. Elle peut être accompagnée d’acouphènes.

👂 Les traumatismes auditifs aigus
Ils sont consécutifs à un bruit impulsif de très forte intensité. Ils peuvent être suivis d’une destruction de la cochlée, d’une rupture du tympan ou de lésions des osselets en cas d’effet de souffle suite à une explosion.

schéma oreille

👂 La surdité totale ou partielle
Elle peut survenir que la cause soit traumatique (exposition courte mais très intense) ou progressive (exposition longue et intense). La surdité évolue de façon lente et insidieuse par lésion de la cochlée, et ne devient perceptible pour le travailleur qu’après plusieurs années. En effet, elle touche d’abord les sons aigus (≥ 4000 Hertz) et, à ce stade, la personne ne se rend compte de rien.

La surdité est le plus souvent découverte par les audiogrammes de surveillance systématique.

surditéLe déficit auditif peut s’étendre et s’aggraver vers les fréquences «conversationnelles» (entre 500 et 2000 Hertz). La personne ne comprend plus distinctement ce qui se dit et ressent une gêne sociale et professionnelle. Lorsque toutes les fréquences audibles par l’oreille (entre 20 et 20 000 Hertz) sont atteintes, le handicap devient majeur.

L’atteinte de l’audition est aggravée :

⚠️ chez les jeunes de moins de 25 ans, en raison de leur forte exposition au bruit

⚠️ chez les séniors de plus de 50 ans, en raison du vieillissement naturel des cellules sensorielles de l’oreille (presbyacousie)

⚠️ en cas d’exposition conjointe au bruit et à des produits chimiques ototoxiques (toxiques pour l’oreille) comme certains solvants, le monoxyde de carbone…

⚠️ en cas de prise de médicaments ototoxiques comme certains diurétiques, anticancéreux, antibiotiques ou encore l’aspirine… Informez votre médecin du travail si vous suivez un tel traitement !

Ces atteintes peuvent être majorées par des susceptibilités individuelles, des pathologies associées ou le processus de vieillissement normal.

👂 Les effets du bruit sur la grossesse
Le bruit peut représenter un danger pour le fœtus. Au cours du dernier trimestre de grossesse, l’oreille interne du fœtus est particulièrement sensible aux basses fréquences, non perçues par l’oreille humaine. Il convient d’y être vigilant pour des femmes qui continuent à travailler après le 6ème mois de grossesse.

anxiété

Le bruit entraîne des réactions qui mettent en jeu l’ensemble de l’organisme.

Une exposition prolongée au bruit peut provoquer fatigue, stress, anxiété, troubles de l’attention, troubles du sommeil, troubles cardiovasculaires… La gêne ressentie est d’autant plus importante que le bruit est subi passivement, comme pour la musique d’ambiance dans certains magasins.

L’exposition au bruit peut aussi perturber la communication orale, gêner la concentration (à partir de 55 dB) et avoir des conséquences sur la qualité du travail, augmenter le risque d’erreur, voire conduire à des accidents du travail (masque les signaux d’alerte, détourne l’attention…).

Pour préserver votre santé, si vous êtes exposé au bruit, sachez que votre oreille a besoin de repos !
Évitez d’écouter de la musique ou la télévision à volume élevé après une journée de travail dans le bruit.

Références : DARES juin 2005-n°25-3 (enquête SUMER 2003) INRS-Hygiène et sécurité du travail – 2ème trimestre 2011-223

Prévention et protection contre le bruit

propagation bruit

La prévention du risque auditif et la protection des travailleurs peuvent se faire en agissant sur l’émission, la propagation et la réception du bruit.

A – Achat/remplacement des sources d’émission de bruit

L’achat de matériel silencieux est une action prioritaire. Il convient de se reporter au niveau de bruit indiqué dans le descriptif technique.

Par exemple, un chalumeau «silencieux» peut diminuer le niveau de bruit de 7 à 20 dB(A), ou encore une soufflette à «buse silencieuse» peut diminuer le niveau de bruit de 10 à 20 dB(A).

buse silencieuse

Équiper une évacuation d’air comprimé d’un silencieux de détente peut également réduire le niveau de bruit.

silencieux échappement

Il est important de noter que plus la source émet dans les graves (fréquences basses), plus les sons se propagent loin et sont difficiles à maîtriser.

B – Procédés 

Le choix du procédé peut impacter le niveau sonore ambiant. Par exemple, le vissage est moins bruyant que le martelage, le nettoyage à l’humide l’est moins que l’utilisation d’une soufflette…

Il est également possible d’agir :

surface oblique bruitsur le bruit lié aux contacts entre 2 pièces surface oblique par exemple en abaissant la hauteur de chute des pièces, en ayant une surface de réception oblique plutôt qu’horizontale, en utilisant un matériau amortissant…

roulementsur le bruit lié aux roulements chariot par exemple en nivelant le sol, en utilisant des roues de grand diamètre, en caoutchouc, et en recouvrant les parois des chariots d’un matériau résilient, c’est-à-dire capable de limiter la transmission des vibrations…

sur le bruit lié aux écoulements, par exemple en réduisant le débit d’un fluide dans une tuyauterie

C – Organisation du travail

Il est possible d’agir sur la planification du travail. Par exemple, lancer les cycles bruyants qui ne nécessitent pas la présence des opérateurs à la pause-déjeuner, ou encore répartir les tâches bruyantes sur plusieurs jours, permettent de limiter les temps d’exposition au bruit.

D – Maintenance/réparation

La maintenance préventive, par le biais d’inspections périodiques, permet de déceler d’éventuels dysfonctionnements et de lubrifier ou remplacer les pièces d’usure avant qu’elles ne génèrent du bruit (par exemple : pièces de roulement et engrenages).

La maintenance corrective, par le biais de réparations et de remplacements de pièces défectueuses permet de traiter notamment des bruits inhabituels.

A – Traitement acoustique du local

Le traitement des parois d’un local permet d’augmenter l’absorption du bruit et de diminuer le temps de réverbération, c’est à dire le temps mis par le son pour décroître de 60 dB après interruption de la source (ex : 8 à 12 s dans un grand hall, 2 à 5 s dans une pièce vide, 0,5 s dans une pièce meublée…).

Il existe 3 types de matériaux de traitement acoustique qui peuvent être combinés ensemble :

Les matériaux absorbants réduisent la réverbération du bruit dans le local. Plus le coefficient d’absorption est proche de 1, et plus le matériau est absorbant. A contrario, s’il est proche de 0, le matériau est réfléchissant. L’absorption varie cependant en fonction de la fréquence du son.
Voici quelques exemples de matériaux et de leur coefficient d’absorption :

matériaux absorbants

Les matériaux isolants limitent le passage du bruit d’un local à l’autre (béton, brique, plâtre…).
Les matériaux résilients absorbent les vibrations mécaniques (feutre, liège, caoutchouc…).

Plusieurs modes de mise en œuvre permettent de traiter acoustiquement un local :

  • En plafond : le plafond est traité avec des matériaux absorbants
  • En faux plafond : un vide d’au moins 20 cm entre le plafond rigide et le faux plafond constitué de matériau absorbant est souvent plus efficace qu’un traitement du plafond
  • En baffles suspendus : en installer verticalement de façon dense peut être plus efficace qu’un faux plafondbaffles suspendus
  • En revêtement mural : positionner les revêtements muraux à une hauteur qui correspond approximativement à la hauteur des oreilles d’une personne assise (~1,20 m), permet de réduire la réverbération du bruitrevêtement acoustique mural
  • En revêtement de sol : traiter le sol avec des sous-couches de liège, de caoutchouc ou de laine permet de réduire les vibrations transmises au sol par les passages, les roulements ou encore le fonctionnement d’une machine. Concernant ce dernier cas, il est également possible de suspendre une machine sur des liaisons souples.antivibration

B – Aménagement des locaux

Diverses mesures peuvent être combinées :

  • Assurer une distance suffisante entre les postes de travail et les sources de bruit et séparer les postes bruyants des postes nécessitant beaucoup de concentration : dans un espace ouvert, lorsque la distance entre une source d’émission et l’opérateur est doublée, le niveau de bruit reçu chute de 3 dB. Ainsi, si le niveau sonore reçu par un salarié est de 83 dB à 10 m de la source, il sera de 80 dB à 20 m de distance, de 77 dB à 40 m…
  • Placer les sources bruyantes à l’écart des parois, particulièrement des coins
  • Prévoir une salle de pause isolée des locaux bruyants et isolée des bureaux
  • Encoffrer ou capoter les équipements bruyants avec une structure qui enveloppe complètement la source d’émission, ce qui réduit le bruit se propageant à l’extérieurencoffrement

Selon l’INRS, la réduction du niveau de bruit obtenue avec un encoffrement est de l’ordre de :
– 5 à 10 dB(A) pour une enveloppe simple (capotage)
– 10 à 25 dB(A) pour une paroi simple avec revêtement absorbant
– Plus de 25 dB(A) pour une paroi double avec revêtement absorbant

  • Cloisonner hermétiquement jusqu’au plafond, même en présence d’un faux-plafond, pour atténuer la transmission du bruit entre la source et un opérateur. Pour obtenir une bonne isolation acoustique, la paroi doit être lourde (plus elle est massive, moins elle vibre), ou multiple, c’est-à-dire constituée de plusieurs éléments séparés par une lame d’air, idéalement enfermée dans un complexe absorbant. Plusieurs types de matériaux peuvent être utilisés : fibre de verre, laine minérale, caoutchouc-mousse, fibre de bois…cloisonnement

Le niveau de réduction du bruit est semblable à celui obtenu par encoffrement.

  • Installer des écrans ou des cloisons amovibles entre l’opérateur et la source de bruit : un traitement absorbant du côté source d’émission permet de ne pas amplifier le bruit émis. Pour qu’un écran soit efficace, il faut traiter les parois du local, sinon les réflexions sur celles-ci atténueront sa performance. écran acoustique
    cloison

Le gain acoustique d’un écran est faible. Il peut varier de 2 et 10 dB(A) si le local est traité.

A – Isolation du récepteur

Une cabine est une structure qui permet d’isoler l’opérateur du bruit généré par une ou plusieurs machines. Il est souvent souhaitable de prévoir un dispositif de communication avec l’extérieur et que l’opérateur ait une bonne visibilité sur l’activité (vitres, écran…).isolation

B – Protecteurs Individuels Contre le Bruit (PICB)

⚠️ La prévention du bruit et les équipements de protection collective sont prioritaires. Mais elles nécessitent parfois d’être complétées par le port de PICB.

Il en existe différents types :
Bouchons d’oreille à façonner
bouchons à façonnerIls doivent être comprimés ou malaxés par l’utilisateur avant introduction dans le conduit auditif. Ils doivent être changés quotidiennement. Ils peuvent être mis à disposition dans des distributeurs placés à proximité des zones bruyantes.

Bouchons d’oreille pré-moulés
bouchons prémoulésIls peuvent être introduits dans le conduit auditif sans façonnage préalable. Certains sont équipés de filtres laissant passer les fréquences de la voix humaine, ce qui permet de communiquer au travail dans des ambiances sonores élevées. Ils peuvent également être mis à disposition dans des distributeurs placés à proximité des zones bruyantes. Ils existent en plusieurs tailles et doivent être changés chaque semaine. Il est préférable de relier les bouchons par un cordon souple plutôt qu’avec un arceau rigide, ce dernier générant du bruit lors des frottements sur les vêtements. 

Bouchons d’oreille moulés
bouchons moulésIls sont obtenus à partir d’un moulage du conduit auditif du salarié et sont donc adaptés à son anatomie. Ces bouchons peuvent également être équipés de filtres laissant passer les fréquences de la voix. Ils sont utilisables pendant plusieurs années (4-5 ans d’utilisation).

Casques/serre-tête/serre-nuque
casquesIls sont munis de «coquilles» qui englobent le pavillon de l’oreille. Ces équipements doivent être placés à proximité des postes à risque auditif, de façon à favoriser leur utilisation. Ils sont plus adaptés à des ports intermittents car ils sont souvent jugés moins confortables que des bouchons.

Comment choisir les PICB ?
Le choix des PICB dépend de la durée de port (continue, intermittente…), de l’environnement de travail (bureau, chantier…), de l’activité (besoin de communiquer, présence de signaux sonores utiles…), du bruit dont il faut se protéger (niveau de bruit moyen, pics de bruit, fréquences émises…) et des facteurs humains (confort ressenti par l’opérateur). Les salariés doivent donc être associés au choix des PICB et les préconisations du médecin du travail sont également à prendre en compte.
Il est possible de combiner le port de bouchons d’oreille avec un casque antibruit dans des ambiances sonores très contraignantes.

Les données du tableau suivant sont issues du document « Se protéger contre le bruit » de Gwénolé NEXER (expert HearingProTech) et d’un comparatif réalisé en 2018 sur le site de différents fournisseurs de PICB (3M, Manutan, Howard Leight…).

⚠️ Attention, l’atténuation moyenne indiquée sur la notice est mesurée en conditions «idéales» en laboratoire. Or, l’atténuation réelle est toujours inférieure du fait des contraintes de travail (déplacements, mouvements de la tête, retrait pour discuter…), des facteurs humains (mauvaise mise en place des PICB, défaut d’entretien…) et des éventuelles dégradations des protecteurs.
En outre, l’atténuation d’un même PICB varie selon les fréquences émises.

Voici un exemple de variation de l’atténuation pour des bouchons d’oreille pré-moulés :

Comment mettre en place et entrenir les PICB ?
Les PICB doivent être fournis gratuitement par l’employeur qui assure leur entretien et leur remplacement si nécessaire. La notice d’utilisation doit fournir les indications nécessaires pour assurer une mise en place correcte des protecteurs.
Les PICB doivent être nettoyés selon les indications du fabricant et doivent faire l’objet de désinfections régulières. Les bouchons d’oreille doivent être strictement individuels, quant aux PICB partagés (casques, serre-tête…), ils doivent être nettoyés et désinfectés avant chaque changement d’utilisateur. Les PICB doivent être stockés et rangés à l’abri des polluants et de l’humidité, dans un étui, un sachet ou tout autre moyen adapté.

Faut-il former les travailleurs au port des PICB ?
L’employeur doit former et informer de manière appropriée les travailleurs sur :formation picb
– les PICB et leurs conditions de mise à disposition,
– les risques contre lesquels les PICB les protègent,
– les conditions d’utilisation, notamment les usages auxquels ils sont réservés.
Le travailleur doit utiliser correctement les protecteurs mis à sa disposition et signaler à son employeur ou à sa hiérarchie tout protecteur défectueux.

Le bruit dans les bureaux collectifs

open-space

Dans les bureaux collectifs et open space, deux activités, a priori contradictoires, peuvent s’exercer : le travail collaboratif nécessitant généralement de la communication orale, et le travail individuel nécessitant des efforts de concentration.

Les sources de bruit y sont multiples :

🔊 Les conversations : réunions improvisées sur un coin de table, discussions dans les allées de circulation…

🔊 Les signaux : sonneries de téléphones, messageries, fax, alarmes…

🔊 Les bruits ambiants : climatisation, ventilation des ordinateurs, clics de souris, frappe de clavier…

🔊 Les autres nuisances qui augmentent la pollution sonore : portes qui claquent, tiroirs qui grincent, impressions, passages à proximité des postes…

centre d'appel

À noter le cas particulier des centres d’appel, où il peut y avoir un cumul de contraintes :

  • utilisation permanente d’un ordinateur, d’un casque et d’un microphone
  • rythme de travail intensif
  • suroccupation des locaux
  • sur-stimulation de la vue (écrans d’affichage des indicateurs de performance…), de l’audition, de la voix (l’effort vocal étant d’autant plus important que le niveau sonore ambiant est élevé) …

effets bruit bureau

Le bruit peut entraîner, entre autres :

  • de la fatigue auditive pouvant se traduire par des acouphènes (bourdonnements, grésillements ou sifflements d’oreille)
  • de la fatigue, de l’irritabilité, de l’anxiété, un sentiment de mal-être, des troubles du sommeil… pouvant aboutir dans certains cas à un état de stress chronique
  • des difficultés de concentration et de communication
  • des tensions entre les personnes qui ont besoin de se concentrer et celles qui ont besoin de communiquer

Tous ces effets dépendent en partie de la nature des bruits. Par exemple, la sonnerie du téléphone peut être perçue comme indispensable par le destinataire de l’appel, mais gênante par les autres collaborateurs.

La complexité des tâches à effectuer, l’état de fatigue des salariés et leur état de santé préalable sont également des facteurs à prendre en compte.

Le bruit peut aussi impacter la qualité du travail, avec une augmentation du risque d’erreur et une baisse de la performance.

solution

Selon les activités exercées, les enjeux et exigences acoustiques ne sont pas les mêmes.

L’ambiance acoustique générale du bureau collectif doit permettre aux opérateurs de réaliser un travail nécessitant plus ou moins de concentration et plus ou moins de collaboration, tout en limitant leur fatigue et en assurant leur confort.

Il est parfois nécessaire d’obtenir une bonne intelligibilité au niveau du poste de travail, mais de la limiter entre postes, pour des besoins de discrétion (exemple des téléconseillers).

La norme AFNOR NF S31-199 relative aux performances acoustiques des espaces ouverts de travail préconise une valeur cible de niveau sonore au poste de travail comprise entre :

🎯 48 et 52 dB pour les activités réalisées essentiellement par téléphone, afin d’assurer l’intelligibilité des conversations et de réduire la gêne entre postes adjacents
🎯 45 et 50 dB pour les activités basées sur un travail collaboratif, afin de pouvoir communiquer sans élever la voix et réduire la gêne entre les équipes
🎯 40 et 45 dB pour les activités basées sur un travail faiblement collaboratif

L’aménagement des bureaux collectifs

plan

Choisir des locaux adaptés, c’est :
o Prévoir suffisamment d’espace par poste de travail, avec une surface idéalement supérieure à 10 m² par personne.

o Éviter les formes en couloir, puisque des murs trop proches sont favorables à la propagation des voix.

o Éloigner et isoler les espaces de reprographie, les salles de réunion, les espaces de pause, le serveur informatique, les moteurs des systèmes de climatisation… des postes de travail. En effet, les imprimantes et autres équipements installés près des bureaux génèrent du bruit mais également du passage.

o Prévoir une ou plusieurs salles permettant de s’isoler lors de conversations téléphoniques longues et/ou confidentielles, d’y tenir des rendez-vous et réunions…

Aménager les espaces de travail :
o Regrouper les postes de travail par équipe ou par projet.

o Délimiter visuellement les zones de circulation, en séparant bien les espaces de travail des flux de déplacement dans l’open space afin de ne pas déranger les salariés et de préserver leur concentration.

Traiter acoustiquement les espaces de travail :

traitement acoustique
Plafond et cloisons :

– Privilégier des matériaux avec un coefficient d’absorption élevé (liège, lin…). Éviter les grandes cloisons vitrées car elles réfléchissent le bruit.

– Installer des panneaux muraux absorbants pour limiter les réflexions et réduire la réverbération lorsqu’il y a peu de mobilier. Positionner les panneaux muraux à une hauteur de ~1,20 m (hauteur des oreilles d’une personne assise) et les éléments suspendus au plafond le plus bas possible de façon à améliorer la discrétion entre postes de travail.

Sol :

– Choisir un revêtement absorbant de façon à réduire la génération de bruits liés aux passages et roulements (ex : talons qui claquent, sièges qu’on déplace…).

Vitrage des ouvertures sur l’extérieur (fenêtres, verrières…) :

– Préférer le double ou triple vitrage pour isoler les postes de travail des bruits extérieurs.

Mobilier :

– Installer des armoires et des meubles permet de séparer visuellement les bureaux des zones de circulation. Ces meubles peuvent également présenter des traitements (perforations, revêtement isolant phonique) qui les rendent en partie absorbants et donc augmentent la quantité d’absorption de la pièce. La hauteur des meubles est idéalement de plus de 1,30 m.

– Installer des écrans séparateurs de bureau ou des cloisonnettes. Choisir la hauteur des écrans (entre 110 cm et 150 cm) de façon à obtenir le meilleur compromis entre atténuation acoustique et besoin de visibilité entre collaborateurs, sachant que l’atténuation du bruit augmente avec la hauteur.

– Cloisonner acoustiquement les copieurs multifonctions s’ils ne peuvent être installés dans un local séparé.

Il est à noter qu’accrocher des documents sur les panneaux et cloisonnettes acoustiques rendent ces derniers moins performants.

Choisir des équipements adaptés :
volumeo téléphones à volume réglable

o unités centrales des ordinateurs avec des boîtiers ou disques durs insonorisés, des ventilateurs plus silencieux, des systèmes de refroidissement sans ventilateur…

o périphériques silencieux (souris tactiles, claviers à touches plates…)

o casques téléphoniques de qualité : privilégier les casques binauraux protégeant contre les volumes sonores élevés (chocs acoustiques) et empêchant le niveau sonore moyen de dépasser 85 dB. Un microphone antibruit éliminera les bruits environnants. Il est recommandé de choisir ces équipements en concertation avec les salariés concernés et de leur permettre d’en tester différents modèles avant de sélectionner celui qui conviendrait au plus grand nombre.

Les bonnes pratiques 

ne pas déranger

En complément des mesures de prévention collective, quelques règles de vie en collectivité peuvent contribuer à la diminution du bruit et ainsi améliorer la qualité de vie au bureau :

✅ Éviter les briefings, les formations directement au poste de travail et les discussions longues dans les espaces ouverts
✅ Ne pas s’interpeller, s’isoler pour s’entretenir avec un collègue ou un client dans un espace fermé
✅ Parler à demi-ton au téléphone, s’isoler pour passer des appels plus compliqués lorsqu’il n’est pas possible de parler à voix basse
✅ Respecter les disponibilités de son entourage (utiliser des signaux visuels de disponibilité) pour ne pas perturber la concentration de ses collègues
✅ Rester discret dans les lieux de passage, éviter de communiquer en se déplaçant
✅ Opter pour du télétravail ou des horaires légèrement décalés et ainsi disposer de plages de travail en étant moins interrompu ou gêné par les autres
✅ Ne pas utiliser le haut-parleur du téléphone
✅ Former le personnel à l’utilisation des casques
✅ Baisser sa sonnerie de téléphone et réduire le volume sous le casque
✅ Transférer ses appels en cas d’absence ou couper sa sonnerie de téléphone
✅ Gérer les impressions (lancer les impressions pendant la pause-déjeuner par exemple)
✅ Veiller aux différents facteurs organisationnels, notamment dans le cas des centres d’appel :

    • limiter l’effectif tout en s’assurant de disposer d’assez de ressources pour gérer le flux des appels
    • permettre des pauses libres, limiter les rythmes imposés
    • favoriser la polyvalence des activités (ne pas avoir que des appels entrants ou que des appels sortants…)
    • alterner le travail de téléopérateur avec des tâches administratives qui ne nécessitent pas le port du casque

Déficience auditive au travail

La déficience auditive a de nombreuses origines : congénitales, maladies, traitements médicamenteux, expositions à des niveaux sonores élevés…

Elle se caractérise par une difficulté ou une impossibilité à percevoir et à localiser les sons et la parole. Dans le langage courant, on parle de « sourds » pour désigner les personnes ne conservant pratiquement plus d’audition et de « malentendants » pour désigner les personnes qui possèdent encore certaines capacités auditives et pour lesquelles les prothèses auditives apportent une réelle amplification de l’audition.

Pour les personnes nées sourdes ou qui ont perdu l’ouïe avant d’avoir appris à parler, l’accès au langage oral et aux apprentissages fondamentaux comme la lecture et l’écriture est très difficile.

La déficience auditive est évaluée selon quatre degrés de sévérité : 

déficience

déficience au travail

Les situations sont très variables, mais la difficulté majeure liée à la déficience auditive porte sur la communication.

Se faire comprendre 
Une personne peut être sourde et s’exprimer oralement. Certains sourds profonds ont appris à parler, cependant, leur diction peut être difficile à comprendre.
La Langue des Signes Française (LSF) peut être un moyen de communication, mais elle est souvent incomprise dans l’entreprise et n’est utilisée qu’en présence d’un interprète.

Comprendre
La lecture labiale est souvent pratiquée par les personnes sourdes mais elle est incomplète. Seule une partie du message est vraiment lue, le reste est interprété.
Les réunions et les conversations en groupe sont particulièrement difficiles à suivre pour quelqu’un qui entend mal, d’autant plus si des personnes parlent en même temps.

Accéder à l’information
L’information que reçoit la personne sourde ou malentendante est souvent très incomplète et elle ne sait pas toujours à qui s’adresser pour la reconstituer.

L’intégration au collectif et les relations de travail
Le sentiment d’isolement est fréquent chez les personnes sourdes ou malentendantes en entreprise. Il faut une certaine discipline pour établir des échanges, ce qui n’est pas toujours le cas, par exemple pendant les conversations en groupe. Les entendants se soucient moins des expressions et des gestes, qui ont pourtant une grande importance pour les personnes sourdes.

L’environnement de travail
Les sourds et les malentendants développent des stratégies visuelles qui peuvent être perturbées par l’environnement. L’éclairage, les signaux lumineux et l’organisation de l’espace de travail (être face à ses interlocuteurs) sont très importants.
Les bruits de fond sont fortement amplifiés par les prothèses auditives. Ils diminuent la compréhension de la parole et sont une cause de fatigue, même dans le cas d’une surdité sévère.

boucle magnétique

L’objectif de la compensation est de donner accès à l’information et à la communication, de faciliter les relations avec les collègues et de garantir la sécurité dans l’environnement de travail.

Les aides techniques

⇢ Supports écrits

⇢ Matériel audiovisuel adapté pour les malentendants (ex : décodeur de sous-titrage Ceefax)

⇢ Solutions de téléphonie spécifiques (ex : amplification acoustique ou technologie de l’induction magnétique), nouvelles technologies comme la visio-interprétation (interprétation à distance via la visioconférence)…

L’adaptation de l’existant

⇢ Modification des signaux sonores en signaux lumineux ou vibratoires (ex : sonnerie du téléphone ou de la porte d’entrée, alarme incendie…)

⇢ Installation de boucles magnétiques dans les salles de réunion (systèmes d’écoute pour les malentendants porteurs d’un appareil auditif)

⇢ Installation de miroirs de signalisation…

Les aides humaines spécifiques :

⇢ Interfaces de communication (interprète et médiateur). Des associations luttent au quotidien pour l’intégration dans la vie sociale des sourds, malentendants et travailleurs handicapés en proposant, par exemple, des formations à la LSF.

⇢ Preneur de notes…

Voici une liste non exhaustive d’organismes pouvant répondre à vos questions, vous accompagner, et, selon les cas, mobiliser des aides et prestations. 

qui peut aider

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